top of page
  • infocentregrandir

École complète #3 : la tentation du "Oui, mais..."



À la lecture de ce [les posts "École complète" font partie d'un livre], vous serez peut-être tenté de dire “Oui mais…”. C’est-à-dire “oui, c’est une idée sympa, mais on n’a pas besoin de ça pour enseigner/apprendre” ou “oui, chouette, mais ça coûte trop cher” ou “oui, ok, mais moi je ne peux pas faire ça dans mon école”.


Il s’agit là d’une focalisation sur le négatif et sur les limites. Certes, le négatif est là et les limites sont là, mais c’est la focalisation sur le positif et sur le possible qui pousse à améliorer une situation. Certes, certaines écoles n’ont pas tout ce dont je vais vous parler et s’en sortent assez bien. Mais plein d’autres écoles ont mis en place les idées proposées dans ce livre et s’en sortent encore mieux.


Mon but est de proposer des solutions pour une école excellente, pour une école meilleure que ce qu’on a vu dans la majorité des cas, pour une école complète. Certes, on peut se contenter du médiocre, certes on peut avoir une bonne expérience en dépit de l’école actuelle française, mais ce que je vous propose, c’est de créer une école grâce à laquelle on a une expérience excellente.


Je vous invite donc à voir toutes les propositions de ce livre comme des possibilités pour l’école avec laquelle vous êtes en lien ou susceptible d’être en lien, comme des solutions potentielles. Chaque fois que vous trouvez une proposition intéressante et que vous butez sur une limite, sur une peur que ça ne puisse s’appliquer à votre cas, sur un découragement potentiel, cherchez dans votre situation les façons que vous pourriez utiliser pour installer cette idée, cherchez dans votre communauté les personnes ou structures qui pourraient s’allier à vous pour la mettre en place, et réfléchissez à ce que vous allez peut-être devoir modifier de l’idée en question pour qu’elle puisse être mise en place dans votre cas précis.


Enfin, pour vous encourager, sachez que les idées présentées dans ce livre sont des idées que j’ai vues fonctionner ailleurs : pendant ma carrière et mes déplacements professionnels aux Etats-Unis et en Asie, ou via les nombreuses opportunités de développement professionnels et de formations que j’ai saisies de par le monde. Les idées que je présente dans ce livre, j’ai vu la différence qu’elles font et c’est pour cela que je les ai incluses dans ma vision d’une école complète, et que je les partages avec vous ici et dans les formations que j’anime.


Ma première année d’enseignant, ou plutôt de co-enseignant avec alors une merveilleuse opportunité d’apprendre de mentors qui avaient beaucoup plus d’expérience que moi, c’était dans une école élémentaire au Minnesota, un état du nord des Etats-Unis. J’ai été complètement ébloui par l’excellence de cet établissement, par les techniques merveilleuses mises en place, par l’organisation fabuleuse de l’école dans son ensemble. Je me souviens avoir tellement appris de cette école, et aussi parfois m’être senti étrangement mélancolique parce que c’était l’école que j’aurais adoré avoir enfant mais que je n’avais pas eu. En même temps, j’étais tellement inspiré et enthousiasmé par ce que je voyais que j’ai tout de suite inclus certaines parties dans ma vision de l’école idéale, et j’ai commencé à utiliser et diffuser certaines de ces idées. J’ai continué à être attiré professionnellement par les Etats-Unis parce qu’il y a beaucoup de bon et d’excellent là-bas. Non pas que tout le soit, bien loin de là. Et en fait, il y a sûrement autant d’écoles excellentes d’une façon ou d’une autre que d’écoles de mauvaise qualité, mais la présence de nombreuses écoles excellentes permet la réalisation et la diffusion d’innovations merveilleuses.


Selon moi, cette présence de tant d’innovations et donc, à fortiori, parmi toutes ces innovations à l’école la présence de certaines qui sont géniales, est due à deux grands facteurs :

  • la liberté pédagogique dont jouissent beaucoup d’écoles publiques aux Etats-Unis (comme celle que je mentionnais plus haut, dans laquelle j’ai effectué ma première année d’enseignement),

  • et la forte présence d’un grand nombre d’écoles privées, qui ont encore plus de liberté pédagogique que les écoles publiques, que le gouvernement laisse faire à leur façon, parfois avec une liberté absolue, et pour lesquelles les parents acceptent de payer des frais élevés permettant un budget intéressant pour mettre en place les innovations pensées et surtout une stabilité financière permettant aux équipes de l’école de pouvoir se concentrer sur l’amélioration de l’école plutôt que sur sa survie. Les écoles publiques s’inspirent ensuite des innovations mises en place par les écoles privées, un grand nombre d’entre elles ne nécessitant par forcément de grands fonds.


Pour ma part, je n’ai pas tout aimé non plus dans la première école dans laquelle j’ai enseigné : les élèves n’avaient quasiment pas de récréation, tout le monde était épuisé, avec des taux records d’hyperactivité et de troubles de l’attention chez les élèves, nous n’avions pas le temps de manger le midi, quasiment pas de vacances… Par contre, tout le monde était heureux dans cette école, il y avait un taux d’encadrement des élèves d’un enseignant pour 12-15 élèves, il y avait un programme de musique boostant et les élèves donnaient des concerts dès le CE2, en y prenant du plaisir, l’enseignement des maths et de la lecture étaient merveilleusement individualisés, la présence de spécialistes permettait de ne laisser personne s’ennuyer et que personne ne soit laissé à la traîne.


Alors j’ai décidé de voir beaucoup d’écoles et d’en garder le meilleur. J’ai enseigné dans d’autres écoles publiques en Oregon et au Vermont (Etats-Unis), et aussi dans des écoles privées internationales en Asie et une fois en France. À chaque fois, j’ai pu en tirer des idées à reproduire, et surtout à rassembler dans ma vision de l’école idéale, une vision que j’ai agrémenté de mes propres idées et de mes propres réflexions. C’est cette vision, celle d’une école complète, que je vous livre ici. Une vision qui émane donc des techniques qui marchent déjà et que vous aussi, vous pouvez donc mettre en place ou exiger en tant qu’enseignant, qu’autre professionnel de l’école, ou en tant que parent.


Baptiste Delvallé

3 vues0 commentaire

댓글


bottom of page